Bruges, janvier 1671
Toute la journée, un vent froid avait soufflé de la mer, rassemblant d’épais nuages noirs au-dessus de la ville, ridant l’eau des canaux et poussant les habitants à se réfugier chez eux.
Vers trois heures de l’après-midi, il s’était mis à neiger et un épais brouillard, venu de nulle part, s’était soudain abattu sur la Grand-Place.
Une fine couche de neige recouvrait désormais le beffroi, les toits et les ruelles étroites. Les branches des arbres tendaient vers les nuages leurs doigts décharnés, pareils à des stalagmites..
Tandis qu’ils fermaient leurs volets et barraient leurs portes de fer, beaucoup murmuraient avec inquiétude que ce brouillard n’augurait rien de bon. Les anciens racontaient qu’au cours de cet hiver où la terre avait tremblé et englouti une partie de la cathédrale, un brouillard semblable avait enveloppé Bruges comme un linceul, avant qu’une grêle grosse comme des œufs de colombe ne fasse s’effondrer créneaux et façades.
Plus encore que le froid, Thomas redoutait d’être reconnu. Il rabattit sur son visage la capuche de son manteau de drap gris et glissa dans la poche intérieure, soigneusement enveloppé dans une pièce de cuir de veau souple, le paquet que le luthier lui avait confié la veille au soir.
« C’est la dernière fois que je fais cela», lui avait-il pourtant juré.
Le luthier avait interrompu son travail. Il avait déposé sa viole sur l’établi, levé vers lui ses yeux d’un bleu presque transparent et laissé apparaître ce sourire indéchiffrable qui inquiétait Thomas plus que la colère.
— Tu sais bien que ce ne sera pas la dernière fois, avait-il murmuré de sa voix sifflante. Tu es pris au piège depuis longtemps.
Il s’était approché de quelques pas.
— Dépêche-toi. Le Vénitien n’attend jamais. Et surtout… veille à ce que personne ne te voie entrer.
Thomas ignorait presque tout de cet homme.
Il croyait seulement savoir que le luthier se nommait Mattias Van der Meer. C’était ainsi que le Vénitien l’avait appelé un soir, croyant sans doute que personne ne l’entendait.
À Bruges, chacun semblait connaître une histoire différente à son sujet.
Un soir, à la Taverne du Fou, un vieux marin avait juré que, deux ans plus tôt, une calèche aux armoiries écarlates s’était arrêtée devant la maison d’Otto. Les mendiants qui dormaient sous les arcades racontaient qu’un cocher vêtu d’un long manteau noir tenait les rênes entre des doigts si longs et si pâles qu’ils ressemblaient aux pattes d’une araignée.
Puis un homme était descendu de la voiture. Grand. D’une maigreur presque inquiétante. Son large chapeau cachait entièrement son visage. Dans ses mains, il portait un coffre de bois sombre cerclé de cuivre. Personne ne savait ce qu’il contenait.
Une silhouette était venue lui ouvrir la porte de la maison d’Otto. Les deux hommes avaient disparu à l’intérieur sans échanger un mot, comme absorbés par l’obscurité.
Les jours suivants, les habitants commencèrent à apercevoir l’étranger dans les rues de Bruges. On le voyait entrer au Conservatoire, puis disparaître dans un petit atelier près de la Maison de la Bourse. Là, disait-on, il restaurait des violons anciens, sculptait des luths et fabriquait d’étranges instruments dont nul ne connaissait le nom. La nuit, une musique inconnue s’échappait parfois de son atelier, et les plus superstitieux affirmaient que les oiseaux eux-mêmes cessaient de chanter lorsqu’elle s’élevait.
« Il est trop tard pour reculer », souffla Thomas en poussant la lourde porte du Conservatoire.
Il balaya la rue du regard. Personne.
Il remonta sa capuche, traversa rapidement la chaussée, dépassa la maison d’Otto et ralentit malgré lui en arrivant devant celle de Gritta.
Avant de sortir de chez lui ce matin il avait mis ses bottes vertes en velours, avec des petits boutons sur les bords, et à chaque pas il sentait les pierres froides. En dessous de l’épais manteau on apercevait un pantalon en satin turquoise, terminé par des boutons argentés achetés l’été passé chez un antiquaire qui tenait une devanture à la foire de Delft.
La foire qui se tient ici sur ĺa Grande Place, n’a rien à envier à la foire de Delft, pensa-t-il. Il aimait surtout aller dans les halles près de la Tour, regarder les tissus et les draps vendus à Bruges par les marchands venus de Gand, d’Amsterdam et même de Reims. L’étoffe brillait comme le raisin ou le miel liquide, lui semblait-il, surtout au coucher du soleil quand les rayons tombaient sur un coin de la Place. Il promenait le bout des doigts sur la dentelle de Bruges ou de Valenciennes, elle était aussi délicate qu’une toile d’araignée, et les soies étaient si douces et si fines qu’il avait l’impression de toucher l’air, un air fait d’eau qui coule.
Il passa devant la maison de Gritta. Elle possède quelque chose d’ensorcelant, sans que je parvienne à dire quoi, pensa-t-il, ce serait la peau translucide ou peut-être la façon dont elle passe ses doigts fins dans ses cheveux quand elle croit que personne ne la regarde. Il essaya de se rappeler la dernière fois que Gritta l’avait fait venir chez elle, je pense que c’était fin septembre, oui, c’était en septembre, je venais de rentrer des chez les moines bénédictins.
Est-ce qu’elle est à la maison, se demanda-t-il en tournant la tête, en pensant à la dentelle de Gritta et à l’odeur de cannelle et de lavande qui l’enveloppait, et à ce moment-là une ombre fine et pâle passa rapidement derrière la fenêtre faiblement éclairée.
Bruges, cinq mois plutôt
Gritta est passée un soir à la Taverne du Fou et avait dit à Thomas qu’elle l’attendait le lendemain dans le jardin au bord du canal, le jardin aux murs en briques rouges, recouverts de lierre. Sois là à midi et attends-moi à la table en fer forgé cachée derrière les magnolias, lui avait dit-elle à l’oreille sans que personne l’entende.
Pourquoi Gritta voudrait me rencontrer dans ce jardin sinistre, hanté des chats, avec la vieille fontaine envahie par les mauvaises herbes ? Thomas s’était demandé toute la matinée, tirant les lourds drapeaux de velours rouge de la fenêtre qui donnait sur la petite place du Marché aux Grains et laissant entrer la lumière et l’odeur salée de la mer.
Comme toujours, Thomas était arrivé plus tôt, s’était assis à table et avait commencé à l’attendre, il aimait l’attente, il tendait son cou et guettait chaque ombre passant devant le portail, si ce n’était pas Gritta il baissait le front et attendait une autre ombre ressemblant à Gritta. Elle l’avait pris par surprise quand elle était enfin apparue, il ne réalisait toujours pas comment elle avait réussi à entrer dans le jardin sans qu’il la voie.
Lorsqu’il tourna la tête et la vit s’approcher de la table comme si elle flottait, sa respiration s’arrêta presque. Il ne pouvait pas la quitter des yeux, elle portait une robe en velours avec un décolleté profond et des manches bouffantes avec des bords en dentelle de Valenciennes, et de minuscules papillons dorés dansaient autour de ses cheveux. Au bout d’un fil d’or, un camée noir aux bords en filigrane descendait entre ses seins.
Mais c’est le même que celui que porte le Vénitien, pensa Thomas, c’est un camée de lave. Il s’était penché sur la table en fer forgé pour mieux voir ce qui était écrit sur le camée, il lui semblait distinguer deux lettres, il avait vu un O et un V, deux monogrammes creusés dans la lave avec la pointe d’une aiguille.
— Je l’ai eu d’un marchand vénitien, dit soudain Gritta, si bas qu’il dut se pencher par-dessus la table pour l’entendre. Elle touchait de temps à autre le camée, comme pour s’assurer qu’elle était toujours là, à sa place, ses doigts remontaient le fil d’or jusqu’à son cou et là ils s’arrêtaient une seconde.
En cette fin d’après-midi de septembre il voulut lui demander à quoi elle pensait, mais il n’en trouva pas le courage et il savait qu’elle ne lui dirait rien de toute façon; comme c’est étrange, je pense que j’ai peur d’elle, avait pensé Thomas.
Après ce jour, Gritta était disparue et quand il avait demandé à la Taverne du Fou si quelqu’un l’avait vue au marché, ils ont tous haussé les épaules, et même deux vieux lui ont demandé qui était Gritta, en le regardant comme on regarde un homme qui n’a plus toute sa tête.
Et maintenant il y a de la lumière chez Gritta, et j’ai bien cru la voir passer derrière la fenêtre, si, si, c’était elle, je ne l’ai pas très bien vue, c’est vrai, mais je reconnais sa silhouette.
Je frapperais à sa porte demain matin, pensa-t-il. Je vais lui parler et après j’irai à la Taverne du Fou pour me moquer des ivrognes qui perdent leur temps là. Ils restent assis des heures sur des bancs de bois, les coudes sur des tables sales couvertes de graisse, sentant le hareng fumé et les oignons, ils vident d’un coup des cruches de bière, ils rotent et après me disent que Gritta ne me voit même pas.
C’est ce que pensa Thomas alors qu’il passait devant une maison sombre, le long des rues pavées bordées d’arbres squelettiques que l’on pouvait à peine voir à travers les vagues de brouillard épais enveloppant le marché.
L’horloge de la Tour sonna quatre fois, et le vent froid de la mer chassa une volée de mouettes derrière les gargouilles. Je ferais mieux de me dépêcher, pensa-t-il, si je veux encore trouver le Vénitien à la Loge florentine, je longe le canal, je traverse le pont, et je reste sur le côté gauche, il n’y a personne dans la rue à cette heure-ci.
Il se dirigea vers la pharmacie de Jan, Il aimait admirer les délicates pièces d’orfèvrerie exposées dans la vitrine, on disait que Jan avait fait venir des orfèvres de Paris qui y avaient travaillé quatre mois. Thomas aimait particulièrement les reflets des fenêtres dans l’eau du canal, filigrane et crénelée en gradins.
Il vit le pharmacien penché sur des pots à moitié pleins d’une poudre bleue, mélangeant avec une fine spatule en bois une pommade mauve.
On dirait un sorcier, murmura Thomas en frissonnant, je me doutais depuis toujours qu’il cache quelque chose. Il s’arrêta une seconde davant la fenêtre, mais juste à ce moment-là, Jan leva les yeux et lui lança un regard noir.
Thomas tira sa capuche sur son front et s’écarta. Ses pas résonnaient sur les pavés, il lui restait très peu à marcher jusqu’à la place de la Bourse.
Personne ne devrait te voir entrer dans la Loge Florentine, l’avait prévenu le luthier en lui tendant le colis.
Un mouvement attira son regard, il tourna sa tête et crut voir le peintre entrer dans la pharmacie. Il leva sa capuche et cligna des yeux plusieurs fois. „Impossible… Ce ne peut être lui! Qu’est-ce Maître Vermeer peut chercher dans la pharmacie de Jan?”, se demanda-t-il.
Et hier soir à la Taverne du Fou quelqu’un disait qu’il était encore à Delft, y peignant pour un riche français, antiquaire, marchand de tableaux et de bijoux. C’était certainement une impression, pensa-t-il, et il se dépêcha vers la place de la Bourse.
Les fenêtres faiblement éclairées et les tours de la Loge florentine sortaient de la brume noire. Il s’approcha, fit quelques pas de plus et atteignit l’escalier en marbre blanc. Il sentit une aiguille de glace descendre le long de sa colonne vertébrale, et il ne fut pas surpris de voir ses mains trembler. C’est ce qui m’arrive à chaque fois que je dois voir le Vénitien, j’ai mal à mes tempes et je sens mes doigts se figer. Je frissonne encore en me rappelant comment je l’ai rencontré.
Bruges, deux ans plutôt
Deux ans plus tôt, au mois de septembre, le luthier m’avait envoyé attendre au port d’Anvers l’arrivée d’une goélette hollandaise chargée d’étain.
— Attends l’Orion, m’avait-il ordonné la veille d’une voix rauque. Ne t’adresse qu’au capitaine. Il te remettra une boîte en bois. Assure-toi qu’elle soit bien fermée, puis rapporte-la-moi sans poser de questions.
À l’aube, j’attendais sur les quais noyés dans le froid de l’automne. Le vent du nord balayait les berges, soulevant les feuilles mortes qui tourbillonnaient avant de venir mourir contre les murs de briques rouges des entrepôts. Une odeur de goudron, de sel et de bois humide flottait dans l’air.
Deux marchands conversaient à quelques pas de moi. Ils parlaient si fort qu’ils semblaient avoir oublié ma présence.
— Je viens d’apprendre que le navire chargé d’épices est enfin en vue, dit le premier. Il apporte de la cannelle, du poivre noir, du poivre rouge, des gousses de vanille, de la cardamome, des clous de girofle, de la noix de muscade, de l’anis et du gingembre.
— Tu sais ce qu’il te reste à faire, répondit son compagnon.
L’autre acquiesça.
— Dès que la cargaison sera déchargée, tout prendra le chemin de Londres. Les Anglais paient deux fois le prix des Flamands.
Il marqua une pause avant d’ajouter en souriant :
— Moi aussi je repars. D’abord Londres, ensuite Alexandrie. Là-bas, je chargerai du coton et des épices avant de reprendre la mer. Si les vents me sont favorables, je serai de retour dans près de deux ans.
Son compagnon éclata de rire.
— Deux ans ! Tu crois vraiment que la jolie blonde dont tu parles sans cesse t’attendra jusque-là ?
Le marchand baissa les yeux vers le quai.
— Peut-être pas… Mais si elle m’oublie, je saurai bien lui rappeler mon existence.
C’est à cet instant que je le vis.
Le Vénitien. Il se tenait parfaitement immobile au bord du quai, comme s’il faisait partie du paysage. Seule sa tête tournait lentement de droite à gauche, à la manière d’un homme qui attend quelqu’un sans savoir de quel côté il apparaîtra. Je m’approchai de quelques pas.
Il portait une longue tunique d’un rouge profond, presque écarlate, dont les épaules étaient brodées de fils d’or et de motifs floraux. Les broderies évoquaient de larges pétales de rose, si délicatement ouvragés que je songeai aussitôt aux confitures de roses du Levant dont les moines bénédictins m’avaient souvent parlé. Ils racontaient que certains maîtres confiseurs les faisaient cuire toute une nuit dans de grands chaudrons de cuivre, avec des épices secrètes, jusqu’à ce que la vapeur embaume l’air d’un parfum de miel et de pétales.
J’étais absorbé par cette pensée lorsque le Vénitien se retourna brusquement. Je ne sais toujours pas comment il avait senti ma présence. Pendant une seconde, nos regards se croisèrent.
Une chaleur étrange envahit tout mon corps. Ma gorge se dessécha tandis que mes doigts, eux, devenaient glacés. Je demeurai immobile, incapable de détourner les yeux.
Et, dans le froid piquant de ce matin d’automne, je compris que cet homme reviendrait un jour bouleverser ma vie. Je sus aussi que nos chemins étaient désormais liés.
Lecce, 7 ans plutôt
On disait qu’à Lecce, lorsque le sirocco soufflait les nuits de pleine lune, la pierre blonde des palais changeait de couleur.
Alors, le faste baroque semblait s’effacer. Les façades sculptées perdaient leur éclat de miel et la ville retrouvait le visage qu’elle avait connu au temps des chevaliers revenus d’Orient et des pèlerins qui faisaient halte avant d’embarquer pour la Terre sainte.
À la tombée de la nuit, les habitants fermaient leurs volets avant le dernier coup de cloche de la cathédrale. Les ruelles se vidaient peu à peu. Ne demeuraient plus que le bruit des pas sur les dalles polies, le cri des mouettes cachées dans les gargouilles et le parfum entêtant du jasmin accroché aux murs couleur de miel.
Les anciens répétaient que le Salento n’était pas seulement une terre baignée de soleil.
C’était aussi une terre de légendes.
Ils parlaient des munaceddhi, ces petits esprits vêtus de rouge qui entraient dans les maisons avant l’aube pour déplacer les objets ou cacher les clés. Et il y avait les tarentules.
Les plus vieux affirmaient que certaines morsures ne rendaient pas seulement les hommes fous de danse. Elles réveillaient des souvenirs plus anciens que la mémoire elle-même, comme si les morts profitaient de la musique pour revenir.
Gritta avait grandi avec ces récits.
Dernière descendante d’une vieille famille de notaires de Lecce, elle les avait toujours écoutés avec un sourire incrédule. Chaque soir pourtant, elle montait sur la terrasse de son palais. De là, elle contemplait les coupoles, les campaniles et les façades de pierre tendre qui semblaient sculptées comme de la dentelle.
Depuis quelques semaines, quelqu’un l’observait. Sous les arcades de la Piazza del Duomo se tenait une silhouette immobile. Mais lorsqu’elle descendait dans la rue, il n’y avait plus personne.
Le destin commença réellement à basculer quelques jours plus tard. Un inconnu arriva à Lecce. Il loua un ancien atelier près de la Porta Napoli et suspendit au-dessus de la porte une simple enseigne de bois. Mattias Van der Meer. Luthier de Bruges.
À ce nom, les plus vieux se signèrent. Personne ne savait pourquoi un maître luthier venu des Flandres avait choisi de s’établir si loin de sa patrie. Il ne travaillait qu’au crépuscule.
À travers les volets clos s’échappait le chant régulier des rabots caressant le bois d’if, d’érable ou de noyer. Il fabriquait des luths, des violes et d’étranges instruments dont personne ne connaissait plus le nom.
Il parlait peu. Son italien conservait les inflexions du Nord.
On racontait qu’il choisissait lui-même ses arbres dans les oliveraies frappées par la foudre ou près des vieux cimetières abandonnés. Mais ce n’était pas cela qui inquiétait les habitants.
C’était la musique. Chaque fois qu’il achevait un instrument, une mélodie inconnue montait de son atelier.
Les chiens se taisaient. Les hirondelles interrompaient leur vol. Et les vieillards de Lecce faisaient discrètement le signe de la croix.
Lorsque Gritta franchit enfin le seuil de l’atelier, une odeur de cire, de résine et de bois ancien l’enveloppa aussitôt.
Sur l’établi reposait un luth dont la rosace représentait deux cygnes enlacés autour d’un canal.
— Bruges…, souffla-t-elle.
Le luthier leva lentement les yeux. Ses iris avaient la couleur de l’Adriatique avant l’orage.
— Ce luth n’a jamais été fabriqué pour être joué, dit-il.
— Alors à quoi sert-il ?
Le vieil homme sourit.
— À réveiller les serments que deux amoureux ont oubliés depuis plusieurs siècles.
Il ouvrit un coffre de chêne noir. À l’intérieur reposait un manuscrit relié de cuir brun. Gritta sentit son souffle se couper. Sur la première page figuraient deux noms.
Le sien.
Et celui d’un chevalier flamand arrivé à Lecce en 1294 après avoir quitté Bruges avec un luth sculpté dans le bois d’un poirier qui poussait autrefois au bord du Lac d’Amour.
À cet instant, Gritta comprit.
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