Extérieur. L’hôtel Le Presbytère. Le Marais. Un matin d’août.
Il fait deja très chaud aujourd’hui et on sort de l’hôtel sans vraiment savoir où nos pas vont nous mener.
Nous avons en tête une adresse presque inventée : une librairie ancienne, cachée quelque part dans un passage parisien. Tu ne sais plus exactement comment tu en as entendu parler. Mais je me souviens de ma question, posée avant même que nous quittions Bruxelles : ” Tu m’achètes un livre à Paris ? ” Et tu m’as répondu avec cette voix remplie de tendresse: „Oui… je t’achète un livre à Paris.”
Intérieur. Passage Vivienne. Fin de matinée.
Le passage s’ouvre devant nous. Au-dessus de nos têtes, la grande verrière Art nouveau laisse tomber une lumière douce. Sur le sol en mosaïque, le soleil dessine de petits carrés dorés qui avancent lentement avec nous.
Nous marchons côte à côte, main dans la main. Au bout du passage, la librairie vient à peine d’ouvrir. Derrière la vitre, des piles de livres attendent d’être rangées, une lampe vient de s’allumer et le libraire commence tranquillement sa journée.
La lumière tombe en biais sur le passage, la même lumière qu’à Naples, il y a deux mois, la même lumière qu’au village Saint Paul il y a un jour. Nos deux silhouettes s’éloignent doucement vers la sortie.
Extérieur. Rue de Richelieu. Midi.
Nous ressortons un peu étourdis par la lumière du dehors. Et puis, sans l’avoir cherchée, nous découvrons une façade. De longues arcades de pierre. Une grille entrouverte. Et derrière elle, un jardin que l’on devine à peine.
Intérieur. Bibliothèque nationale de France. Salle Ovale.
La caméra nous suit à l’intérieur. „Viens”, tu me dis en prenant ma main. „Je veux te montrer quelque chose.” Et soudain, la Salle Ovale apparaît. La coupole de verre au-dessus de nous, les longues rangées de tables, les lampes vertes qui semblent se poursuivre jusqu’à l’infini. Une lumière douce descend du plafond et enveloppe les livres.
Nous restons debout quelques instants. Et, pendant quelques secondes, je me demande si nous sommes vraiment à Paris.
À la sortie, nous traversons la boutique de la bibliothèque. Je regarde quelques objets, quelques souvenirs. „Je veux t’acheter quelque chose.” tu me dis.
Et tu choisis un éventail et je sais déjà que je le garderai. Parce que c’est celui que tu as choisi pour moi à Paris.
À peine sortis, je te demande „Tu me fais une photo ?” Je déploie l’éventail devant moi et tu prends ton temps pour cadrer. Tu ne me demandes même pas de ne plus bouger. La photo est prise.
Extérieur. Jardin de la Bibliothèque.
Nous ressortons dans le jardin intérieur. Il est plus petit, plus secret que tout ce que nous avons traversé jusque-là.
Autour de nous, la ville semble avoir disparu. On n’entend presque plus Paris. La camera reste un instant sur nos visages tournés vers la lumière. Un autre instant sur l’éventail posé à côté de moi. Encore un instant sur ta main qui retrouve la mienne.
Scène 2. Clap de fin.









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