Cinq jours comme cinq instants suspendus que seulement nous deux pouvons comprendre.
Le coucher du soleil au-dessus de la statue de Van Eyck. ma main dans la tienne, nos doigts qui se cherchent pour se séparer et se retrouver une seconde plus tard.
Regarde, tu me dis en me montrant un rayon coulant comme une goutte de miel sur les façades des maisons, même le soleil nous sourit, mon amour.
Les cerisiers et les magnolias en fleurs dans la Venise du Nord et mon souvenir de Iași que tu as tellement aimé. quand j’étais enfant, il y avait un seul magnolia dans ma ville, au Jardin Botanique.
Les canaux sombres et les maisons aux façades dentelées, les clochers, les tours anciennes sorties des tableaux des primitifs Flamands.
Nous et nos balades fragiles et éternelles à la fois sur la Grote Markt blottie dans ses vieux murs.
Nos pas résonnant dans la nuit, sur les ruelles pavées. on commence à s’attacher à quelqu’un quand on reconnait ses pas, tu m’as dit une fois.
Nous, deux silhouettes s’arrêtant pour s’embrasser devant le Beffroi de Bruges. regarde, la lune nous berce de son amour, c’est le croissant de lune. et l’étoile du Nord est là pour nous aussi.
Les places paisibles, les églises gothiques, les façades à pignons étagés, baignées d’une lumière ambrée.
La solennité des orgues des cathédrales et l’ombre des forteresses médiévales qui nous font descendre le temps jusqu’aux comtes de Flandre. et encore ma main dans la tienne.
Une fenêtre entrouverte, une ombre derrière un rideau de dentelle, le visage d’une jeune fille blonde.
Raconte-moi encore une fois l’histoire de la ville gothique, de Gritta et de Thomas, mon amour. la chambre Johannes de Zomere sur Zomerstraat dans le vieux Bruges et la sensation que nous sommes descendus en 1479 et qu’à l’étage, dans le silence de ce bourg médiéval, autour d’une table en bois, trois marchands de fruits du Sud portugais, du sucre et du poivre parlent fort, boivent de la bière et partagent leur gain.
Le matin, tes je t’aime, ta main dans mes cheveux, tu me serres contre toi, comme si le monde s’est s’arrêté un instant rien que pour nous. la vue sur le Beffroi et les clochers couverts d’un brouillard blanc et fin comme la toile d’araignée.
La nuit à l’hôtel Die Swaene, au bord du canal Groenerei, la coupe de champagne, ma robe aux papillons, toi, beau et élégant dans le salon époustouflant de la Guilde des Tailleurs de 1779, tes doigts sur les touches du piano, le regard surpris des touristes. il y a un caméra ici? est-ce qu’ils sont des acteurs? On est en train de tourner un film dans ce salon?
Les gargouilles du vieux Bruges qui nous racontent tout bas les histoires d’amour des ducs de Bourgogne.
Les mouettes qui s’envolent au dessus des canaux et qui nous font penser aux vacances au bord de la Méditerranée ou au bord de l’océan. le silence.
Le Mystique et son décor feutré, baigné d’une lumière douce. les ombres délicates. nous, beaux dans nos regards, élégants sans effort, amoureux, complices. les coupes de Taittinger au bar de l’hôtel, sorti des années ’50, cet après-midi volé. et encore ta main sur mon visage, nos yeux pétillant de bonheur, de confiance et d’amour.
Toute notre histoire est dans cette métaphore des contes roumains, mon amour. tu m’as écrit un soir comme tu le fais depuis presque quatre mois. un œil qui pleure parce qu’on ne s’est pas rencontrés plus tôt, et l’autre qui rit parce qu’on s’est trouvés maintenant.
Ton regard plongé dans le mien, les étincelles de bonheur et les frissons qui nous traversent. ma peau sur ta peau. Et notre vie ensemble, comme cinq instants suspendus, des jours et des nuits de miel, ce miel qui coule sur les façades médiévales, les cathédrales gothiques, les maisons et les tours anciennes, les places silencieuses, sur les ponts et dans les canaux de Bruges.
Bruges, mars 2026












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